Thierry Chevron

Manuel et bricoleur depuis l'enfance, passionné par le travail du bois depuis toujours, j'ai commencé à faire des queues de billard suite à pari. On m'avait mis au défi à l'époque d'en réparer une, ce qui a été pour moi une première étape. C'est ce qui m'a ensuite donné envie d'en fabriquer entièrement.

Mais tout n'a pas été simple ! Comme il n'existait pas vraiment de machine pour faire des queues de billard, j'ai dû au départ me fabriquer mes propres outils et me forger ma propre technique.

Par la suite, j'ai pu aller me perfectionner aux états unis à Miami où j'ai reçu de précieux conseils de Dennis Searing, un des plus grand cuemaker.

Fabriquer des couteaux a été comme une suite logique pour moi. Arrière-petit fils d'un grand forgeron (qui a construit la grille d'entrée de la salle de restaurant du paquebot Le Normandie), j'ai toujours été attiré par le métal. Je savais que le travail sur les manches se rapprocherait beaucoup de celui des queues de billard, il ne me restait donc plus qu'à apprendre le travail du métal.

J'ai d'abord bricolé ma propre forge et commencé à taper sur de l'acier. Grâce à cela, j'ai acquis quelques principes de base avant de passer au défi de la soudure. A force de recherches et de différents conseils que j'ai pu obtenir, j'ai réussi mes premiers « Damas » (technique qui consiste à plier des aciers de couleurs différentes afin d'obtenir des motifs).

C'est à ce moment que je me suis pris de passion pour les aciers historiques comme le « Wootz » (qu'on appelle également « Bulat »). Grâce aux conseils du coutelier allemand Achim Wirtz j'ai pu reconstituer cette technique ancestrale d'origine perse. Je suis fier aujourd'hui de faire partie des rares personnes dans le monde à maîtriser ce savoir-faire longtemps perdu.

Par la suite, je suis allé en apprendre d'avantage sur l'art du damas chez Jean-Luc Soubeyras, grand forgeron et précurseur du renouveau de cet acier si particulier. C'est là que j'ai pu en découvrir plus sur « l'acier de bas fourneau » également appelé « acier de réduction ». Forgé grâce à des techniques similaires, l'acier obtenu est l'équivalent du « Tama-Hagané » qui est l'acier traditionnel utilisé par les japonais pour la fabriquation des célèbres katanas.

Ce qui me tient à coeur quand je fabrique un couteau ou une queue de billard, c'est de façonner non seulement quelque chose de beau mais aussi quelque chose qui remplit parfaitement sa fonction. J'apporte un soin tout particulier au choix des matières premières : les bois sont rares, précieux et triés, les aciers sont très propres, durs et tranchants.

Très attiré par la culture asiatique, j'ai choisi comme logo un « Hanko ». C'est une signature que l'on retrouve sur les anciens papiers officiels et les tableaux de maître japonais. Je l'ai faite réaliser au Japon par un artisan et elle représente mon nom en japonais.